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Du mercredi 10 mars 2010 au lundi 25 octobre 2010
La Mals - Sochaux
Raul Paz : « Il faut croire qu’on peut rêver… » En concert à la Mals de Sochaux le 5 mars dernier, Raul Paz a reçu Soleil y Fiesta. L’occasion de parler de son dernier album, dont la sortie est prévue en avril prochain, mais aussi de Cuba. Rencontre.
Quelles sont vos sensations après ce concert à la Mals ?
Vous savez, une « première » est toujours la représentation la plus compliquée à faire. Il faut défendre le disque sur scène. J’ai par exemple aimé chanter « Carnaval », que j’ai faite à l’origine avec Camille. C’est une chanson que j’apprécie particulièrement. En plus, ce soir, il y avait une écoute particulièrement bonne de la part de la salle. La magie de la musique dépend aussi de l’endroit et de la manière où on la fait.
Présentez-nous votre dernier album « Havanisation » ?
Tout d’abord, je tiens à ce que l’on prononce le nom de cet album à l’anglo-saxonne « Havanisation ». N’oubliez pas qu’à Cuba, l’influence américaine est importante. Cet album évoque les nouvelles générations de cubains et de cubaines qui veulent parler d’autres choses que de politique et s’intéressent de plus en plus à la musique et à l’art en général. C’est un album urbain qui parle de la vie de tous les jours. De mon Cuba à moi.
Justement, parlez-nous de votre retour à Cuba ?
J’ai vécu un événement majeur. On m’a laissé rentrer à Cuba il y a un an et demi, quinze ans après (NDLR : en 2008, après une longue interdiction de séjour). Pendant quinze ans, je n’ai pas pu aller à Cuba. A un moment, je me suis retrouvé apatride. Mais, pour reprendre une phrase qui me tient particulièrement à cœur « Ce qui devait arriver est arrivé ». Et je pense que mon retour s’est effectué au bon moment. C’est compliqué quand on vieillit et on ne peut pas vieillir sans revisiter la maison de son enfance. Vous savez, j’ai vécu à Cuba, en France et à Miami et j’ai rencontré à Cuba toute une génération d’enfants de la Révolution dont je fais partie. Je suis de cette génération des 35-45 ans qui en ont marre d’écouter des discours politiques. La politique est une connerie qui ne sert qu’à « faire » de la politique. Surtout à Cuba où elle occupe 99% du temps des gens. Le futur n’appartient ni à la démocratie européenne ni à la démocratie américaine.
Comment va Cuba aujourd’hui ?
La maison est en pleine ébullition mais n’oublions pas que Cuba est un petit pays historiquement parlant, un pays en construction. Personnellement, je suis un grand optimiste et je suis persuadé que rien ne se fait dans le pessimisme. On est là pour faire des choses. Il faut laisser vivre Cuba et ne pas nous tuer avec des schémas préétablis. Il faut garder les bonnes choses de Cuba. Il faut croire qu’on peut rêver.
Comment se porte la culture cubaine ?
Personnellement, je défends la musique mais, plus généralement, je suis un ambassadeur de l’art cubain contemporain et de la culture cubaine. Certains clichés peuvent nous être néfastes comme par exemple, toujours faire référence au Buena Vista Social Club (NDLR : club de musique de la banlieue de la Havane qui, dans les années 1940, réunissait les plus célèbres musiciens de la musique cubaine). On a dépassé tout cela. Il est temps de montrer au monde, d’exporter la grande culture cubaine.
L’album « Revolucion » n’est donc plus d’actualité ?
Pour moi, Revolucion est un vieil album (NDLR : 2005). Vous savez, j’ai entendu ce mot Révolution pendant 30 ans. C’est fini aujourd’hui. Il faut passer à autre chose…
Propos recueillis par Alexandre Arbey
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