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Eurockéennes : un orage musical
EVENEMENTS

Du lundi 05 juillet 2010 au jeudi 05 août 2010

Dossier Spécial Eurockéennes 2010

Vendredi


Charlotte Gainsbourg / conférence de presse :



La journée commence pour nous avec la conférence de presse de Charlotte Gainsbourg. L’actrice / chanteuse, très naturelle, peau claire, pas de maquillage ni artifice, vêtue d’un simple débardeur / short s’installe en toute simplicité au bord du lac du Malsaucy.


Retrouvez l’intégralité de la conférence de presse sur notre site en Rubrique EVENEMENTS.



 


 The Dead Weather


Petit rappel sur le groupe : les Dead Weather est composé de Jack White, le chanteur et leader des groupes The White Stripes et The Raconteurs. Ses deux groupes marchant très fort, il s’associe cette fois à Alison Mosshart, la chanteuse de The Kills (présents l’année dernière aux Eurockéennes), à Dean Fertita de Queens of the stone age et à Jack Lawrence, lui aussi membre des Raconteurs. Sea of Cowards est leur deuxième album.


Dès le début du concert, Alison, veste léopard et crinière décoiffée, comme à son habitude, a tout d’un lion en cage. Le son est très brut, sans beaucoup d’arrangements, les riffs de guitare acérés et les voix abîmées par la cigarette. Le public de connaisseurs (les membres sont plus connus pour leurs groupes respectifs) semble conquis en ce premier début de soirée aux Eurockéennes. Jack White moins mis en avant car derrière sa batterie, a une présence parfois plus crédible que la très sexy Alison, qui fait par contre l’unanimité auprès du public masculin. Celui qui semble ne pas vieillir, a les tiques et mimiques des batteurs et guitaristes, qui sortent la musique de leurs tripes. Même s’ils n’ont pas encore le même succès que chacun de leur groupe, les festivaliers ont su apprécier ce rock, brut de décoffrage.



 


 The Black Keys


Sous le chapiteau, aux alentours de 20h, le duo originaire de l’Ohio fait son entrée. Un premier album en 2002, le dernier Brother fait sans doute référence à la complicité de ces deux musiciens, inspirés par la musique blues. Ils livrent une très bonne performance blues rock, au son acoustique envoûtant, rappelant parfois celui des Cold War Kids ou encore de The Black Rebel Motorcycle Club. Le son bien réglé permettra au public de profiter de toute la sensibilité des très bons Every Lasting Light, Next Girl, ou encore Howlin’ For you. Les Blacks Keys seront pour nous une très bonne surprise.



 


 Kasabian


Nous sommes juste devant la scène, il fait encore 30° et la chaleur bien loin d’avoir fatigué les festivaliers, leur a donné la pêche. Le show démarre fort et ce n’est que le début. Les morceaux d’Empire : Shoot the runner, Reason is treason, Club foot, Me plus one, et ceux du nouvel album West ryder pauper lunatic asylum : Fire, Where did the love go, Underdog, se succèdent comme autant de véritables tubes qui font danser, chanter et transpirer tout le monde. Tout comme la température, le concert monte en puissance jusqu’à l’explosion d’un son rock aux arrangements électro parsemés de trompette. La foule, initiée par le chanteur Tom Meighan, reprend un mouvement de bras telle une vague humaine et des « oh oh oh » que l’on entendra scandés bien après la fin du concert. Ce sera une grosse sensation pour nous, qui n’avons pas vu la nuit tomber.



 


Charlotte Gainsbourg :


Un petit passage sous le chapiteau où Charlotte, accompagnée par le très bon orchestre de Beck, réalise une performance plus rock qu’on pourrait s’y attendre. Malheureusement, la voix de Charlotte, n’en reste pas moins discrète. Elle interprètera Heaven Can Wait, 5:55, The songs that we sing et finira avec Couleur Café, la chanson de son père.


 Jay Z


10 minutes avant le concert, un compte à rebours apparaît sur les écrans géants de la grande scène. 10-9-8-7-6-5-4-3-2-1… Le show à l’américaine est lancé. Evidemment Jay Z, c’est une musique hip-hop, mais c’est surtout une performance très bien orchestrée et généreuse avec beaucoup de musiciens sur scène et des effets visuels à couper le souffle. Un autre écran géant supplémentaire diffuse les clips du chanteur qui se mêlent à la retransmission en direct. Pour combler les  amoureux du rock, Jay Z ira même jusqu’à sampler U2, Prodigy ou encore les White Stripes.


 


 


 Hot Chip


Le nouvel album de Hot Chip, One life stand est le 4e album du groupe anglais, jusque-là pas encore très connu en France. Comme on pouvait s’y attendre, l’ambiance est très bonne, les festivaliers se trémoussent frénétiquement sur ce son électro pop rock. Non sans rappeler les années 80 et Modern Talking, les voix parfois robotiques et haut perchées de ces geeks du rock, surchauffent le chapiteau. Le clavier, entame des chorégraphies kitchissimes et le chanteur au look so cheap a tout de Leonard dans The Big Bang Theory. Laissés de côté, les morceaux discutables de l’album comme Slush, font place au carton One life stand, I feel better ou encore Hand me down your love. Pas de doute, Hot Chip a tout compris à notre attente.



 


 Missy Elliott


Dernier concert de la journée, Missy se fait déjà attendre depuis 25 minutes quand la grande scène est plongée dans le noir. Des squelettes fluorescents font soudain leur apparition sur la musique du film l’Etrange Noël de Mr Jack de Tim Burton. Ils empilent alors des boîtes formant le mot Missy, d’où la légende américaine apparaît comme par magie. Un petit medley avec l’excellent Get your freak on, laisse présager le meilleur et pourtant…Très vite, Missy essaie de chauffer le public à grand coup de « Do you want the show now ? ». Au bout de 10 minutes, le public perd patience et réclame d’autres titres. La chanteuse entame entre autres I don’t want a minute men… en playback. Dans la foulée, un show dance fait passer le temps pendant que Missy va enfiler un autre survêtement à paillettes. De retour, elle ne changera pas de conduite et continuera à couper ses medleys en playback par de longs discours en anglais que personne n’a semble-t-il envie de comprendre. Trop déçue, une grosse partie du public quittera définitivement la scène. On apprendra en coulisses que Missy Elliott a viré son équipe la semaine avant sa prestation et qu'elle n’avait pas préparé sa performance de ce soir aux Eurockéennes. Grosse déception en somme.


 


 Samedi


Emilie Simon


18h, sous le chapiteau, la foule s’est pressée pour accueillir la talentueuse Emilie Simon. Très reconnue dans le monde de la musique, la belle a fait des études de musicologie et de musique électronique et est même diplômée de musique contemporaine. Autant dire que la musique classique n’a aucun secret pour elle, ce qui lui permet des expérimentations musicales toujours plus poussées et maîtrisées, ainsi qu’un placement de la voix parfait. Après un album éponyme, la BO du film La marche de l’Empereur  et Végétal, la voici pour The Big Machine. L’album qui a un côté japonisant, allie musique classique et expérimentations électro. Sous le chapiteau, la performance est réglée comme du papier à musique, on sent une grande maîtrise de la part d’Emilie. Vêtue d’une robe verte à paillettes, manches bouffantes et d’un petit chapeau vert, sans oublier son bras électronique, elle est éblouissante. Le chapiteau est empreint d’émotion et de fascination et se laisse aller au rythme de cet électro pop efficace.


Airbourne


Petit rappel sur le hard rock : il prend ses origines dans les années 60 et la musique psychédélique, évolue dans les 70’s avec des groupes comme Led Zeppelin, Deep Purple, Van Halen et prend son essor dans les années 80 avec AC/DC, Trust, Kiss, Aerosmith… Aujourd’hui il continue d’exister mais a gardé les même racines.


Airbourne fait partie de ces groupes, avec un chanteur à la voix suraigüe et éraillée, guitare pointue et cheveux longs. C’est le genre de musique que l’on utilise volontiers pour le air guitare, avec de longs solos de guitare à l’ancienne. Le public est fidèle et déchaîné, devant les musiciens qui font des head bunger dans tous les sens, quant aux festivaliers les plus téméraires, ils entament un pogo qui produit un nuage de poussière. Airbourne envoie du bois ! Le chanteur finira même pas prendre sa guitare sur le dos et entamera l’ascension de la structure métallique de la grande scène, montant à environ 20 mètres de haut. Le public est médusé et un peu inquiet quand même, c’est alors qu’à cette hauteur vertigineuse, Joel O'Keeffe le leader, entame en quasi-équlibre un solo de guitare. Chapeau !


  


General Elektriks


Le musicien français, semble avoir déjà beaucoup de succès à la vue du public réuni sous le chapiteau. Car General Elektriks est en réalité Hervé qui a collaboré notamment avec -M-. Expatrié aux Etats-Unis depuis 10 ans, c’est là-bas qu’il a écrit et produit son dernier album Good City for Dreamers. Sur scène, il n’est quand même pas tout seul, il y a entre autres un clavier, qui a visiblement élaboré ses propres chorégraphies pour le plus grand plaisir du public amusé. La tendance est résolument électro, avec beaucoup de groupes qui se ressemblent mais qui arrivent à tirer leur épingle du jeu de temps en temps comme c’est le cas pour General Elektriks


Sexy Sushi


22h30, un public plutôt jeune s’est massé devant la scène de la Loggia. A l’écoute de l’album, on s’attend à une performance hors du commun… et ce sera le cas. On aura droit au plus déjanté des concerts de ces Eurocks 2010. Le public est conquis devant ce flot d’insanités et de provoc. Un musicien porte une cagoule genre Ku klux Klan, la chanteuse a des scotchs orange fluos qui lui servent de cache poitrine, une fille monte sur scène et saute les seins à l’air, ainsi qu’un homme à tête de cochon, quand pour finir, tous les photographes sont invités à eux aussi monter sur scène au milieu de cette joyeuse décadence. Trop de provoc, tue la provoc ? Peut-être !


 


The Hives


Le concert est très attendu. On a déjà vu les Hives aux Eurockéennes en 2007 pour l’album Tyrannosaurus Hives  et on se souvient bien de cette prestation hors du commun. Les Suedois sexy (comme nous l’a dit le chanteur Pelle Almqvist) n’ont pas sorti d’album depuis The black and white album mais ont annoncé préparer un nouvel opus pour 2010. Le concert débute d’ailleurs avec des morceaux inédits sous la pluie. Mais qu’à cela ne tienne, beaucoup ont décidé de profiter quand même du concert. Très en forme, plein d’humour et d’ironie, les Hives se donnent ! Des éclairs déchirent le ciel à tel point que l’on pourrait croire à un effet visuel du groupe. L’ambiance est électrique. On entend les très bons Walk idiot walk, two timing touch and broken bones, et le très attendu Tik tik Boom, sur lequel le public se déchaîne. Le leader très expressif demande aux festivaliers de tous s’asseoir ; tout le monde se prend au jeu jusqu’à ce que le son retentisse et que les milliers de personnes présentes bondissent toutes en même temps. Un concert des Hives comme on les aime.



Ghinzu


Rappelez-vous, l’année dernière, le groupe Belge était déjà présent pour le même album sur la grande scène. Pendant la performance, au moment d’entamer un de leur plus gros succès Do you read me : panne de courant, le concert s’arrête et ne reprendra pas. Totalement frustrés l’année dernière, les fans de Ginzhu entendaient bien profiter pleinement de leur performance cette année. Le concert s’ouvre avec Mother Allegra et dès les premières notes on sent que le public est en feu dans ce chapiteau surchauffé par le temps orageux. Suivront les morceaux Take it easy, Cold Love, The dragon, Mirror Mirror, The end of the world et… Do you read me, où tout se passe bien, pas de panne mécanique cette année. La performance scénique n’est sans commune mesure, incomparable à celle de l’année dernière. Le chanteur parfois si calme, se laisse aller, allant même jusqu’à monter sur le clavier. Après 1h15 passée au premier rang, devant la scène, une seule chose à dire : bon, très bon !


Conférence de presse Emilie Simon


Après-midi au bord du lac, les journalistes attendent impatiemment Emilie Simon qui a quelques minutes de retard et on comprend pourquoi : la voilà qui arrive dans une magnifique robe orange et noir, avec de superbes chaussures à talons, originales et très classes. La très jolie chanteuse s’asseoit gracieusement face à nous. Emilie nous explique qu’elle est partie vivre à New-York depuis 2 ans et que c’est dans cet univers différent et éclectique qu’elle a composé son dernier album The Big Machine. On sent  à quel point, la musique est un moyen d’expression indispensable pour elle. Elle confie en toute lucidité qu’elle ne sait pas s’il y aura un prochain album, car elle ignore si elle aura quelque chose d’autre à dire et à faire passer dans ses compositions. On apprendra aussi le fonctionnement de son bras électronique qu’elle porte à tous ses concerts, pour pouvoir faire les arrangements de façon plus spontanée et naturelle. Cet objet a été crée spécialement pour elle, par un de ses ingénieurs du son.


 


 


Dimanche :


M.O.P.A


Rencontre avec le chanteur et leader du trio originaire de Toulouse. Tout commence comme la plupart des groupes : une bande de potes décide de faire de la musique. A l’époque l’un deux avait laissé tomber le piano pour la guitare. L’écriture des textes est presque automatique, il s’agit de laisser sortir la violence en eux, comme elle vient. Leur nouvel album s’intitule My own private Alaska en référence à My own private Idaho de Gus Van Sant. Pourquoi l’Alaska ? Parce que c’est l’état qui faisait le plus « crade », tout comme leur musique où il n’y a pratiquement pas de chants mais des hurlements. Seulement M.O.P.A a ça de différent aux autres groupes de métal, c’est d’être tout d’abord très inspiré par toute sorte de musique, même classique et qu’ils sont crédibles. On sent qu’ils ne font pas de bruit pour faire du bruit, mais qu’ils ont un besoin vital d’hurler ce qui stagne au fond de chacun d’eux.


Leur performance sur scène a une originalité : le pianiste s’est remis au piano ! M.O.P.A est un groupe de métal sans guitare, mais avec un piano qui n’en est pas moins efficace, il paraît tout à fait à sa place. Un groupe à suivre.



 LCD Soundsystem


Le groupe très attendu, déclenche dès son arrivée une véritable liesse. Encore un groupe d’électro mais qui a fait ses preuves, les LCD Soundsystem ne sont plus des petits débutants. Leur premier album paru en 2002 a tout de suite attiré l’attention. Ils auront de multiples collaborations avec les plus grands. Electro, tendance rock, parfois même punk ou disco funk, les festivaliers ont l’air d’avoir très envie de profiter de ce cocktail musical. Etonnamment, un énorme pogo se forme devant la scène, le public est survolté comme pour profiter des derniers concerts de ces Eurockéennes 2010. Ce sera la plus chaude ambiance du chapiteau.


Mika


Il y a un monde fou devant la grande scène, Mika est une des plus grosses têtes d’affiche de ce festival, ou du moins celui qui réconcilie tout le monde. La scène est dès le début pleine de couleurs, de fleurs et d’arbres. Mika fait son entrée avec le titre Relax. On comprend que l’on va s’amuser autant que lui ce soir. Il est accompagné d’une remarquable batteuse noire à la coupe afro et d’une choriste aux cheveux roses et noirs ultra-maquillée. Les titres s’enchainent : Grace Kelly, Big Girl, Happy Ending, Love today, Blame it on the  girls, on s’aperçoit que Mika n’a fait que de véritables tubes, diffusés sur toutes les radios. Le soleil décline et l’on découvre des couleurs fluos dans les arbres présents sur scène, une poupée géante dans laquelle s’affale le chanteur, des objets gonflables énormes, puis un changement de décor : un mur de fleurs immense est érigé. Sur la chanson Grace Kelly, il revêt un chapeau dans le style chapelier fou d’Alice aux pays des merveilles. Une énorme poupée gonflable fait son apparition, ainsi que tout une troupe de gens déguisés (venu du public pour certains semble-t-il). C’est un véritable carnaval d’Amérique du sud, avec des têtes de morts, des couleurs à foison, des fleurs, des déguisements d’animaux. On pense le concert fini avec Lolipop, mais après un rappel, Mika revient pour la chanson plus rock Kick Ass (BO du film). Apothéose : l’artiste interprète une seconde et dernière fois Relax.


 Empire of the sun


On pourrait, dans le style et la voix aigüe du chanteur, comparer le groupe à Hot Chip vu vendredi, mais là, pas de style geek mais plutôt electropop. Le groupe australien formé en 2007 a un style bien particulier. Leur pochette d’album ressemble à celle de jeu vidéo ou de film de science-fiction. Ce soir, c’est entouré de danseuse/robot en costume aluminium et coiffé de chapeau soleil que le duo fait son apparition. C’est le concert idéal à voir après Mika, l’ambiance est toujours aussi festive mais le rythme plus poussé. L’électro pop d’Empire of the sun est influencé par les années 80 avec le retour du synthé old school, à tel point qu’on pense parfois à des génériques d’émission de télévision. Un bon moment sous le chapiteau.


 


Lucie Prince


Credit Photos : Lucie Prince / Elise Escoffier


 


Retrouvez toutes les photos des Eurockéennes 2010 en Rubrique Album Photos


 




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