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Un devoir de mémoire
EVENEMENTS

Du lundi 16 août 2010 au jeudi 16 septembre 2010

Pour Soleil y Fiesta, Stéphanie Krug présente son livre « L’Orphelin du Vel’ d’Hiv ». Plus qu’un ouvrage à lire, c’est un devoir de mémoire, pour continuer sans cesse à transmettre, à témoigner et à écrire. Mais surtout, pour ne JAMAIS oublier cette période noire de notre Histoire.

Présentez-nous votre livre « L’Orphelin du Vel’ d’Hiv » ?


C’est l’histoire d’un rescapé de la rafle qui avait 5 ans et demi et qui a été sauvé par Fred et Denise Milhaud de l’Entraide Temporaire (NDLR : En zone occupée, la répression qui s'abat sur la population juive avec les rafles du printemps 1941 incite à accélérer les mesures de sauvetage. Les fonds collectés s'orientent vers une priorité : le financement du sauvetage d'enfants juifs. Des personnes eurent alors l'idée de réactiver une œuvre pour enfants créée dans les années vingt et dénommée « Le Sauvetage de l'Enfance », qui deviendra pour la circonstance « L'Entraide Temporaire ». Les principaux acteurs de ce mouvement étaient Denise MILHAUD et son mari Fred, qui etait médecin. Employés par l'UGIF (Union Générale des Israélites de France), ils travaillaient tous deux dans des maisons d'enfants et des dispensaires gérés par l'Union. Cette place leur permettait de faire transiter certains enfants des maisons d’accueil vers des placements clandestins organisés dans des familles ou des institutions religieuses, souvent à l'insu des responsables de l’UGIF.).


Qui était Robert Weinstein, avec qui vous avez collaboré pour la réalisation de ce livre ?


C’est un miraculé de la rafle du Vel’ d’Hiv, un héros de guerre, un enfant sauvé du péril le plus total. N’oubliez pas que plus de 4000 enfants ont été raflés à cette époque et que 50 seulement y ont échappé.


Comment s’est organisée cette rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942 ?


Le plan initial décidé par Laval (NDLR : chef du gouvernement du régime de Vichy) et Bousquet (NDLR : secrétaire général de la Police Nationale) prévoyait une rafle de 28000 Juifs sur la région Ile de France et sur Paris et au final, 13000 personnes ont été « raflées».


Le livre évoque souvent le sentiment de « honte » ressenti par les victimes. Pouvez-vous nous le préciser ?


En effet, il s’agissait d’un état honteux d’être soumis à telles conditions de vie. Le but des Nazis était l’anéantissement total de la culture, de l’Histoire et des rites de tout le peuple juif. Et l’horreur a été tue longtemps : même après la guerre, on a essayé de taire l’Histoire et de se réconcilier avec l’Allemagne. Sans parler du révoltant négationnisme qui affirme que la Shoah est une invention de l’esprit pour justifier la création d’Israël.


Comment la France a-t-elle assumé ses responsabilités dans ces événements?


Jacques Chirac a admis en 1995 la responsabilité de la France. Cette reconnaissance officielle n’a pas été faite plus tôt car Mitterrand était de mèche avec Bousquet et le protégeait.


Quelle est la place de l’Eglise dans l’extermination des Juifs  ?


Dès 1942, Pie XII était au courant de tout sur l’extermination des Juifs. L’Eglise a une immense part de responsabilité dans son silence.


Propos recueillis par Alexandre Arbey


Retrouvez le livre de Stéphanie Krug et de Robert Weinstein chez Camponovo : 50, grande rue à Besançon. Tél : 03 81 65 07 70.


 




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